Je ne suis pas seul social
Désir de l’homme, amour de Dieu

Désir de l’homme, amour de Dieu

décembre 22, 2015 in Analyses, Christianisme, Philosophie, Politique

Une réponse au laïcisme

La polémique qui enflait depuis un mois a donc finalement amené François Baroin à revenir sur les termes employés pour défendre la laïcité dans les institutions publiques. Il concède donc avoir sous-évalué la dimension culturelle des crèches et autres objets religieux dont le caractère patrimonial n’est pas à démontrer.

A l’approche des fêtes de Noël, reconnaître l’importance culturelle de cette fête et de ses symboles est une nécessité. Mais il faut bien comprendre ce qui sous-tend la reculade de François Baroin, et dont peut-être lui-même n’a pas conscience, ce dont je doute, connaissant son laïcisme déterminé.

Depuis la seconde moitié du XXème siècle, nous avons pris l’habitude, dans une fausse imitation de Merleau-Ponty, d’abolir la frontière stricte entre le culturel et le naturel, ouvrant ainsi à la porte à un déconstructionnisme aigu.

Finalement, se dit-on, il est très, voire trop compliqué de se prononcer absolument sur ce qui relève de l’inné et du fabriqué dans les comportements humains. La conséquence immédiate de cela est que ce qui a été fait pendant des siècles peut bien être détruit, de la même façon que cela a été construit

Cela apparaît clairement comme un élément souvent central des sciences humaines aujourd’hui: psychologie, sociologie, histoire, toutes les sciences humaines tendent à montrer qu’il n’y a rien en l’homme dont on ne puisse soupçonner le caractère culturel, et ce même jusqu’aux déterminismes corporels. Pour avoir de nombreuses discussions avec des gens passionnées d’humanisme, je concède cette difficulté de prime abord.

A ce titre, on ne devrait même pas s’offusquer de ce qu’un jour, notre culture (mais qui sait la définir précisément?) puisse disparaître au profit d’une autre. A la suite de l’AMF et de tous les courants ultralibéraux, nous devrions avec sagesse considérer que tout est impermanent dans les sociétés humaines: morale, science, art, tout bouge et s’enfuit. Ce qui est passé n’est plus, et ce qui sera n’est pas encore. A quoi bon prétendre avec orgueil inscrire l’immuable dans l’être de nos sociétés?